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napomo 2018

Dernière mise à jour : 23 juil. 2025

--- napomo pour National Poetry Month. Le mois d'avril est le mois national de la poésie et à chaque jour, de nombreuses personnes essaient de relever le défi d'écrire un poème par jour. Voici mes poèmes de 2018, dans l'ordre antéchronologique, publiés sur mon profil personnel sur Facebook. ---




29.

c’t’un paysage boîte où les cris s’étouffent de vapeur la pluie tombe sur le lac momifié et ça fait toc toc toc toc mais ça résonne pas

là-bas le vent trouve son chemin lui même lui est opaque il me cogne le dos je lui en veux pas je lui en veux jamais, on dirait pour son éternelle indécision ça dérange personne quand il cherche à se faire consoler après la tempête

j’essaie de lui en parler mais il avale mes mots les étouffe de vapeur

je sers mes genous entre mes bras les escaliers de bois qui menaient à l’eau mènent aujourd’hui à la glace et me bercent comme un quai

je détonne ou je déteins




28.

c'comme toute à force je m'écoeure

c'comme toute la discipline c'est comme s'évider le tube de pâte à dent se tirer le reste du pus de la peau se raser les muscles qui dépassent pour en faire fermenter les surplus - mélangés avec du curcuma, ça aide la mémoire - s'éponger les pousses de compost pour conserver le taux d'humidité optimal

et ce une à deux fois par jour

une fois on m'a dit que j'étais discipliné e une autre fois je me suis nourrie exclusivement de chocolat pendant deux jours

un poème par jour, c'est pas tant que ça relaxe



27.

retard assumé


y a pas eu assez de matins à plats comme ça

j’ai pris un #napomobreak be right back



25.

gâte-toi

les phrases que t’entends sont là pour te faire shrink dans tes souliers de marbre les fenêtres sont ouvertes pour que la température t’étampe l’été dans peau avale ce qui s’mange dans mes mains

t’as l’temps no presh

après on verra les meubles sont alignés pour te guider jusqu’à la porte les toiles sur les murs portent des couleurs que tu connais pas j’ai pas l’intention de t’aider plus que ça

je te parlerai en paraboles avec des bâtons lumineux dans les mains je te montrerai quand même pas comment avoir confiance ou quelle position prendre en cas de turbulences tout est une question d’intuition

pis ça paraît peut-être pas mais je suis fière de toi pis t’as le droit si tu veux de m’porter dans ton sac



24.

bla ga da bla wa miam miam gla ba da ra ba bla da ra be ra te ra te ma te te mer re te ble bla bille bil bal nu la li le pra ba ba pra da na ra ta pa jen jan ja pa lar ta te ji ke tre ta lé pi

c'est ça bonne fin de session.



23.

j’ai les jambes étendues de part et d’autre de la frontière entre

aujourd’hui et le 24 avril l’inutilité et l’art le cri et le rugissement le banal et l’appétit la croyance et la fiction l’idée et la perception moi et Pascale Pascal et e

je m’assois pas souvent mais là j’en ai eu besoin.



22.

ouais ouais


ouais « le dogme a le goût de la farine blanche »*


j’ai pas assez de louches pour toute vous contenir pis vous me coulez en continu par les craques entre les solos de Sufjan Stevens


vos têtes des gaufres-nuages au sarrasin


ouais ouais je liche le fond de sirop dans mon assiette comme une mal élevée mais vous en valez le menton collant

y a rien à changer



21.

allo je t’aime dis à estelle que je l’aime aussi et rappelle-moi que vous êtes beaux comme quand je cueillais des calendules et mangeais du miel assise dans la terre qui tachait mes vêtements


allo je t’aime d’un endroit à celui que je vous imagine habiter c’est où je te lance une fleur sans trop mesurer elle atterrira peut-être dans ta bouche peut-être pas


allo je continue de cueillir des fleurs dans ma tête on se retrouvera à l’intersection de nos mondes impossibles


allo bon voyage



20.

tu me regardes brosser les cheveux au soleil pis m’étirer les mollets moi, je t’entends soupirer t’as encore les pupilles brûlées au chalumeau et je te retiens pas


j’ai lu assez de livres pour savoir ce que tu as à me dire ensuite


la mope se passe dans ma gorge pis le couloir du bloc appart s’effiloche vers la fin


t’échappes un gant pis tu le ramasses pas



19.

je te pitche mes avions en papier parce que je veux te faire tomber en bas de ton contrôle


t'as une face de yeux t'as des yeux comme deux gouttes d'eau dans un verre à moitié plein pis j'te pitch des avions en papier en espérant que ça te heurte pas trop


j'ai déchiré le coin d'une aile pour écrire un haïku :


tu trempes dans moi une symétrie cassante je sors du bain*

*les pieds ont perdu leur mesure dans la traduction du japonais



18.

tronc tes craques me sont familières j'avais justement les doigts blancs ta p'tite mousse de fin de matinée et ton silence qui s'éteint jamais


j'ai l'habitude des complicités qui courent et au milieu des autres la nôtre est immobile


mes pieds comme les tiens tu touches le ciel de plus près mais on compare pas


tronc viens que je te chante une berceuse le temps que t'oublies que t'es vieux


je sais que tu comptes pas les années mais ça se voit tes rides se creusent assez pour que j'y plonge mes doigts tronc


on pourra respirer à deux y a juste moi qui dérange et toi qui gémit au vent



17.

c’est quoi la percussion qui aime le plus les agrumes?


la tambourine...

(parce que versifier un mauvais jeu de mot, ça aussi, c’est de la poésie)



16.

les murs sont longs presque jusqu’au white screen


du ciel sur paysage de briques tout ça croûté d’eau dure la postprod a oublié de mettre des effets


les branches électriques pendouillent au gel pis j’attends le fuck les cris le feu l’explosion de confettis


la vitre contre moi raide immortelle presque dermique dans ses graffignes me montre fidèle les images du temps qui craque en tombant



15.

aaaaaaaaaaaa mes papilles flottent en un chœur volatile un nid de sons tous chauds j’ai la gorge qui danse


aaaaaaaaaaaa et l’espace se crée autour de nos mains unies comme la lumière qui fut au bon moment


aaaaaaaaaaaa l’art momifié l’harmonie chorifique procession vers le cercle ouvert des faisceaux nous tirent de nos pieds


aaaaaaaaaaaa multipliés les éclats des possibilités j’ai ouvert toouuutes mes bouches


nous voilààààà graaaaaaaaands et fortes



14.

maman et moi on a écrit un poème de qualité :


pas besoin de dormir si la tente nuit à ton paysage


une forteresse s’érigera au-dessus de nos têtes comme un parapluie qui cachera nos ennuis


j’ai mal au ventre c’est la peur qui m’envahit celle des hamburgers


la honte fait vibrer mes intestins et j’évacue humblement mon destin



13.

texture trouble le fond d'un fauteuil de bouts de cuirette et de ligaments de meuble trône d'une championne calée dans son fauteuil trouble -cuirassé épuisé par les flots- à vue perdue océans de verres bouteilles brunes meubles déchirés


éclaboussée par les vagues qui craquent et cassent sur une table fumante d'artillerie marine et de poings fermés hilarité dégoulinante des gouttes perlent sur la vitre sur les joues sur les meubles qui flottent tant de trônes et de fatigue qui perlent à la surface


calée dans son cuirassé trop lourd



12.

(invente un air) je plie je plisse j'épile ma pisse et j'épice la pile d'épis de maïs



11.

en empilant tous les livres que j’ai trouvé dans une poubelle j’ai vu sous leur poids se plier l’herbe


marketing écoresponsable économie bibliographique du néant décousu épistémologie pratique critique d’œuvres du XIIIe siècle drame de Tremblay essai surréaliste

j’ai pas l’temps j’ai pu d’place

ma tête mes mains mon sac ma question mon ventre ma bouche ma culture mon préjugé mon penchant tout le reste

je suis contrainte, chérie je t’aime, mais c’est trop de mots de pages de poids



10.

j’ai la face à plat contre tes dents

cherche pas plus loin



9.

l'atelier est grand quand il est vide j'ai pas allumé les lumières pour pas me déranger


je pose ma tête sur une table j'écoute son immobilité

puis j'y colle des p'tits bouttes de papier journal avec du mudpodge tout le tour je l'emballe méticuleusement petit boutte par petit boutte

c'est pour mon projet d'art sculptural « ART-111 langage et technique »


quand ce sera sec je pourrai crever l'intérieur de la balle de papier et en faire un joli ornement.



8.

j'aime quand tu me tends la main ta main tient une partie de l'univers dans laquelle on s'en fout j'aime quand je m'assois dans ta main les pantalons couverts de boue et que tu m'écoutes reprendre mon souffle en riant et quand on embarque à deux dans le voyage de quelqu'un d'autre on se met à rouler avec beaucoup plus que le double de l'émerveillement possible jusqu' ici



7.

compte-rendu d’expo - M aaa C

sur votre droite cris et sons froissés appels à l’honneur et à l’immortel

à votre gauche un Leonard Cohen dans toute la splendeur de ses dépressions chroniques il était spirituel

ici du bleu ici des tapis aux lumières des gens qui s’observent une petite pièce ici des doigts flottants une voix qui traîne moins le rauque de l’amour qui s’épuise

on met ses mots sur des socles et on pleure son sérieux

prends des notes



6.

je regarde en 1080p l'étendue venteuse d'un écran aux couchers de soleils et sommets enneigés en laissant mes bribes de rêves de la nuit dernière se dissiper dans l'air sec d'un appartement je les ai pas notés encore une fois


musique épique sur vide matinal faut me mettre debout deux pieds solides sur parquet de faut fini bois


écoulement d'un ruisseau nordique sur ma vaisselle sale qui traîne depuis hier faudrait m'y mettre


prendre une grande inspiration



5.

devant moi un plancher énorme une plante pas de nom un vingt piasses une table basse un nom de famille un temps mort une femme qui danse des éclats suspendus


devant moi mes propres piétinements un temps indéterminé une accoutumance qui fait tout doux des questions sur le hold pis y a mes mots en français



4.

ayoye j’ai l’goût de troquer les maxi pour le plus gros jardin communautaire que Sherbrooke aura jamais vu j’ai l’goût de planter des arbres dans nos cuisines rapetisser la destruction du sens entre les pommes et nos mains sélectives hésitantes

iga ta poubelle est pleine de ridicule tes étagères super c-rialisé et pas assez alimentaires


avis de décès à l’hypocrisie je signe ma naissance sur le fond terreux de mon berceau



3.

est-ce qu’une heure onze am c’est trop tard pour être hier encore


parce que si oui je suis passée ma rotation je suis rendue après l’après


j’ai vu j’ai vaincu et tout ça est retombé je suis demain on est demain, je veux dire


petits soupirs des coulis du fond



2.

donc je vais roulembouler jusqu’à la fin d’un mois boulimique de plages d’horaires gonflé à bloc comme ma neuronite


en bas déroulée j’aurai les courbes rembrunies et le dos bleu j’aurai les dents tendues au bout de mes perches forgées lentement


pis, ça?

on pourra jouer en masse, après c’est rien que trois jours de dix semaines c’est rien que 4x4+14 compte pas


allons donc

pis poétisons donc tant qu’y a de la place



1.

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