CAHIER D'UN RETOUR AU FLEUVE NATAL juin 2018
- Pascal e
- 23 oct. 2018
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 23 juil.
poème de la paix à Batiscan, inspiré des textes d'Aimé Césaire
petit matin aux entrailles jetées à même l'eau du courant
petit matin qui attrape jusqu'aux vérités trop vraies pour être criées
petit matin sans brume au relief décentré
aux feuilles qui flottent
à tout qui sèche à la même vitesse
de nos pieds de missionnaires laïcisés
aux rochers qui prennent leur souffle
petit matin aux racines qui se baignent
petit matin aux galets qui pleurent comme l'Amérique
les voyages interdits d'une marée à un paquebot
d'un avocat mexicain
à un tsunami microscopique qui menace la vie
d'une histoire qui tangue
petit matin de la trahison incessante d'un fleuve
qui ne dit rien alors même qu'il se souvient de tout
comme un vétéran se berce lentement en attendant...
petit matin d'herbe tondu de table à piqueniquer d'arbustes routiniers
petit matin d'habitudes du réveil sensuel des fleurs au jardin des plantes qui se souviennent en silence elles aussi
petit matin de mon omoplate encore pleine de vagues
de nos rabaskas pleins de sable
de nos avirons qui traînent
déposés ou parsemés
dans un parc vert et plié
le temps plat d'un aujourd'hui
petit matin recouvert d'abris de tentes et de toiles
de grands mythes qui se déploient dans le ressac
plantés près d'un drapeau blanc de grèves
dans la terre perplexe du parc
d'un village qui boit son café en regardant
le long fleuve tranquille couler sur ses pieds
petit matin d'idées de grandeur
et de corps en fumée
tous engagés vers l'Est de nos veines
de nos rêves et de nos vanités
fleuve fleuve
fleuve fleuve
aucune ombre sur tes vagues que l'ombre de tes vagues sur tes vagues
fleuve fleuve
fleuve fleuve
et le reflet de tes vagues reflètent tes vagues sur tes vagues
on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve
et je n'entrerai qu'une seule fois dans tes eaux
à savoir qui je serai demain
Comments